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Newsletter du 25 octobre 2026

Il se passe quelque chose (d'inquiétant) avec David Lisnard
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Conspiracy Watch : les faits contre le complotisme
Dimanche 25 octobre 2026
ÉDITO

Il se passe quelque chose (d'inquiétant) avec David Lisnard


Questionné par une influenceuse proche de La France Insoumise (LFI) sur LCI lundi 19 octobre, David Lisnard l'assure : il n'en a « rien à cirer » du massacre des Algériens dans la Seine en 1961. « Je m'en fous », « ça ne m'intéresse pas », « ce n'est pas mon problème », « j'étais pas né »... En l'espace de quelques secondes, le maire de Cannes, président de l'Association des maires de France et candidat à l'élection présidentielle sous la bannière « Nouvelle Énergie », multiplie les outrances, sans sembler craindre une seule seconde les conséquences de ses propos.
David Lisnard (capture d'écran LCI, 19/10/2026)
Pourtant, ceux-ci sont d'une extrême gravité. Le 17 octobre 1961, sous l'égide de Maurice Papon, la police française réprimait brutalement une manifestation organisée par le FLN à Paris. Plusieurs dizaines d'Algériens sont tués, des centaines blessés. Ces crimes « inexcusables pour la République » et tardivement reconnus par l’État font, encore aujourd'hui, l'objet d'une intense campagne négationniste notamment impulsée par Bernard Lugan, un historien royaliste et ancien conseiller d'Éric Zemmour.

Le 16 octobre dernier, François Bousquet, rédacteur en chef de la revue d'extrême droite Éléments, qualifiait encore le drame de 1961 de « pure légende urbaine » et d'« invention rétrospective du FLN ». « Il n’y a eu qu'un seul Nord-Africain mort par noyade dans la Seine, et encore en état d'ébriété, la nuit du 17 octobre 1961 », ajoute-t-il. Quant à Florian Philippot, il tient à apporter son soutien à David Lisnard. « Il a raison, martèle le leader des Patriotes. Passez à autre chose, on s’en contrefout de vos histoires, de vos mythes. »

On l'aura compris : à l'extrême droite, cette « Nuit noire » dérange. D'où l'intérêt d'en réfuter l'existence. Mais la sortie de l'édile marque une évolution. Plus besoin de s'embêter à malmener la vérité lorsque l'on peut simplement dire que l'on « [s]'en fout ». À force d'avoir tordu les faits, de les avoir contestés, minimisés ou tout simplement niés, une partie de l'opinion publique semble assez mûre pour qu'ils soient désormais... ignorés. C'est le stade ultime du trumpisme, sa mutation finale.

Certes, David Lisnard, qui puise son inspiration du côté du président argentin Javier Milei − la tronçonneuse en moins − se réserve encore quelques pudeurs de gazelle. Trois jours après ses propos polémiques, le candidat expliquait auprès de l'AFP avoir seulement voulu refuser « l'utilisation mémorielle d'un drame pour justifier des actes de criminalité contemporains », en l’occurrence ceux du 17 octobre dernier. Mais le mal est fait.

Le soutien sans faille de sa fanbase en ligne montre que cette stratégie est loin d'être discréditante, voire presque payante. Le publicitaire pro-Israël Franck Tapiro a ainsi pris sa défense, déplorant une « prise d’otage mémorielle » et « sémantique ». L'ancien magistrat Philippe Bilger salue son « audace intellectuelle et politique ». Amine El Khatmi, habitué des plateaux de CNews et ancien candidat sur la liste de Rachida Dati, applaudit cette réponse « parfaite ».

Tous semble oublier qu'en tant que maire et aspirant aux plus hautes fonctions, David Lisnard porte une responsabilité : celle de regarder en face l'histoire de son pays. Pour le meilleur, comme pour le pire.

V. M.

17octobre, Soral, Glucksmann... (Les Déconspirateurs #73)

Présenté par David Medioni, avec Tristan Mendès France et Rudy Reichstadt

Au programme : Comment la complosphère analyse-t-elle les événements du 17 octobre ? Le point sur Alain Soral, sa notoriété, son héritage et l'avenir d'Égalité & Réconciliation. Pourquoi Alexis Poulin et la complosphère accusent Raphaël Glucksmann d'avoir truqué la primaire de la gauche sociale-démocrate ? Daillet, Brand, Tate... : un « Nuremberg 2.0 » qui ne se passe décidément pas comme prévu.

La citation de la semaine

« Le Grand Remplacement n'est pas une théorie, c'est un fait. Il y a des petits Blancs parmi les pilleurs, bien sûr. Comme disait Audiard, il existe des poissons volants, mais ils ne sont pas la majorité du genre. »

🗣️ Eric Zemmour, à propos des violences du 17 octobre

Et aussi...

👮 Le retour de la rumeur des policiers casseurs

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dont certaines diffusées par le député LFI Antoine Léaument, accusent des policiers de s'être déguisés en casseurs lors de la manifestation du 17 octobre afin de provoquer délibérément des violences. Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat de police UN1TÉ, a réagi à cette vieille et tenace légende urbaine (sources : Conspiracy Watch/TikTok, 21/10/2026).

⚖️ Mélenchon, les juges et Netanyahou

Le procès de l’eurodéputée LFI Rima Hassan pour apologie du terrorisme s'est tenu les 19 et 20 octobre à Paris. La prévenue, qui dénonce depuis le début un « procès politique », a choisi d'exercer son droit à garder le silence. Plaidant la relaxe, son avocat, Me Vincent Brengarth, a mis en cause l’impartialité des parties civiles en raison de leurs liens présumés avec Israël. Sur BFMTV, le 19 octobre, il a dénoncé une tentative de « bâillonner » sa cliente et de faire de la juridiction pénale « la courroie de transmission du régime israélien ». Me Galina Elbaz, avocate et vice-présidente de la Licra, a souligné la dimension complotiste de cet argumentaire. Le parquet a requis contre l'élue dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Dans un tweet largement commenté, Jean-Luc Mélenchon s'est empressé d'accuser le parquet de s'être fait dicter sa copie par le gouvernement, lequel agirait comme un pantin du Premier ministre de l'État d'Israël... Plusieurs ministres ont dénoncé une atteinte à l’indépendance de la justice et des références à un imaginaire antisémite (sources : RCJ Radio/Facebook, 19/10/2026 ; Le Monde, 20/10/2026 ; Le Monde, 21/10/2026 ; Le Parisien, 21/10/2026 ; Conspiracy Watch, 06/07/2026 ; Conspiracy Watch/X, 20/10/2026).

🏴 Terrorisme

Vendredi 23 octobre, Trappes (Yvelines) a été le théâtre d'un attentat raciste faisant un mort (un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi) et cinq blessés, dont une jeune fille de 12 ans, criblée de balles. Le meurtrier présumé, Kévin T., 39 ans, a affirmé avoir voulu venger les commerçants pillés le 17 octobre et avoir ciblé des personnes sur la base de la couleur de leur peau. Un exemplaire de Mein Kampf a été retouvé à son domicile. Rapidement, un récit complotiste a commencé à circuler sur X. Plusieurs comptes ont insinué que l’attaque avait été orchestrée par le gouvernement pour détourner l'attention des manifestations prévues le lendemain : « Comme par hasard, il y a un attentat raciste la veille du 24 octobre, [...] un coup monté », ironise un internaute. Un autre s’interroge sur une prétendue « opération organisée pour attiser la haine, la veille des émeutes prévues » et évoque un président de la République détenteur d'« un plan machiavélique en préparation ». Myriam Palomba, suivie par quelque 220 000 abonnés sur X, reprend ouvertement cette accusation : « Je veux pas être complotiste, mais à chaque fois que la macronie est en difficulté, il y a un attentat ! Étonnant non ? ». Pour l'ex-basketteuse Emilie Gomis, qui voit la main de « l'axe américano-sioniste » derrière le terrorisme islamiste, « les groupes de manipulations sionistes qui opèrent 7/7 sur les réseaux sociaux et sur les médias sont les principaux responsables de cet attentat terroriste à Trappes. Les identitaires ne sont que leurs pantins. Comme les partis identitaires sont les jouets des lobbys sionistes. »

La notice de la semaine ▶️

Islamophobie

L'« islamophobie » désigne étymologiquement la peur (phobia en grec) ou la haine de la religion musulmane.
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