đ « Lâagriculture pourrait ne pas s'en remettre » / Paris morbides sur les incendies / Grimper aux arbres : l'anti-accrobranche
Reporterre <planete@reporterre.net>
20/08/2026
20 août 2026
Bonjour ! Voici lâinfolettre hebdomadaire de Reporterre. Tous les jeudis, retrouvez une sĂ©lection de nos articles les plus marquants de la semaine sur lâactualitĂ© de lâĂ©cologie.
Serge Zaka : « Câest lâannĂ©e dont lâagriculture pourrait ne pas se remettre »

David Richard / Reporterre
âïž L'Ă©dito
Des cultures grillĂ©es, des prairies jaunies, des dizaines de milliers d'animaux morts de chaud et des agriculteurs au bord du gouffre. La sĂ©cheresse et la chaleur hors norme ont fait des ravages dans les champs. L'Ă©tĂ© 2026 n'est mĂȘme pas terminĂ© qu'il risque d'ĂȘtre la pire catastrophe de lâhistoire de lâagriculture française, alerte l'agroclimatologue Serge Zaka.
Aucun territoire n'est à l'abri : en Bretagne, des communes font face à des pénuries d'eau. Dans les Pyrénées, des éleveurs ont dû redescendre leur troupeau faute de fourrage suffisant dans les alpages.
Face à la sécheresse, certains misent sur les bassines pour irriguer leurs cultures. En Normandie, un agriculteur est en train de construire l'une des premiÚres de la région. Ces installations ne les sauveront pas. Interdite d'utilisation, la mégabassine de Sainte-Soline est pourtant déjà à sec.
Ce n'est pas non plus la loi d'urgence agricole promulguĂ©e hier qui permettra d'adapter l'agriculture au rĂ©chauffement climatique. Le Conseil constitutionnel a validĂ© la quasi-totalitĂ© du texte vendredi, y compris la rĂ©introduction de lâacĂ©tamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France.
Au-delĂ du besoin de solidaritĂ© nationale, sans quoi la moitiĂ© des agriculteurs pourrait disparaĂźtre, Serge Zaka appelle Ă faire Ă©voluer lâaire de rĂ©partition des cultures, mieux partager l'eau, rĂ©duire le labour et renforcer les couverts vĂ©gĂ©taux.
Aucun territoire n'est à l'abri : en Bretagne, des communes font face à des pénuries d'eau. Dans les Pyrénées, des éleveurs ont dû redescendre leur troupeau faute de fourrage suffisant dans les alpages.
Face à la sécheresse, certains misent sur les bassines pour irriguer leurs cultures. En Normandie, un agriculteur est en train de construire l'une des premiÚres de la région. Ces installations ne les sauveront pas. Interdite d'utilisation, la mégabassine de Sainte-Soline est pourtant déjà à sec.
Ce n'est pas non plus la loi d'urgence agricole promulguĂ©e hier qui permettra d'adapter l'agriculture au rĂ©chauffement climatique. Le Conseil constitutionnel a validĂ© la quasi-totalitĂ© du texte vendredi, y compris la rĂ©introduction de lâacĂ©tamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France.
Au-delĂ du besoin de solidaritĂ© nationale, sans quoi la moitiĂ© des agriculteurs pourrait disparaĂźtre, Serge Zaka appelle Ă faire Ă©voluer lâaire de rĂ©partition des cultures, mieux partager l'eau, rĂ©duire le labour et renforcer les couverts vĂ©gĂ©taux.
âïž Le dessin de la semaine

© Sanaga
đĄïžCanicules
« Les arbres nâont plus le temps de sâen remettre »
Ils sont passĂ©s en mode survie. Pour Ă©conomiser l'eau, les arbres ferment leurs stomates. Cette stratĂ©gie les affaiblit : plus vulnĂ©rables aux maladies, champignons et insectes ravageurs, ils entrent dans une « spirale de dĂ©pĂ©rissement » quand les canicules et sĂ©cheresses s'enchaĂźnent. Ce phĂ©nomĂšne peut aller jusquâĂ leur mort prĂ©maturĂ©e, explique Yann Vitasse, chercheur spĂ©cialisĂ© en dynamique forestiĂšre.
Visualisez 40 ans dâĂ©tĂ©s toujours plus chauds en infographies
Les Ă©tĂ©s extrĂȘmes du XXe siĂšcle sont devenus la norme. Nos graphiques, qui retracent la tempĂ©rature moyenne de chaque Ă©tĂ© depuis 1900 et son Ă©cart par rapport Ă la normale climatique, le montrent clairement. Ă partir des annĂ©es 1980, la hausse des tempĂ©ratures s'accentue nettement. Aussi, depuis les annĂ©es 2000, les Ă©tĂ©s dĂ©passent presque tous largement la moyenne de rĂ©fĂ©rence.
Ils sont passĂ©s en mode survie. Pour Ă©conomiser l'eau, les arbres ferment leurs stomates. Cette stratĂ©gie les affaiblit : plus vulnĂ©rables aux maladies, champignons et insectes ravageurs, ils entrent dans une « spirale de dĂ©pĂ©rissement » quand les canicules et sĂ©cheresses s'enchaĂźnent. Ce phĂ©nomĂšne peut aller jusquâĂ leur mort prĂ©maturĂ©e, explique Yann Vitasse, chercheur spĂ©cialisĂ© en dynamique forestiĂšre.
Visualisez 40 ans dâĂ©tĂ©s toujours plus chauds en infographies
Les Ă©tĂ©s extrĂȘmes du XXe siĂšcle sont devenus la norme. Nos graphiques, qui retracent la tempĂ©rature moyenne de chaque Ă©tĂ© depuis 1900 et son Ă©cart par rapport Ă la normale climatique, le montrent clairement. Ă partir des annĂ©es 1980, la hausse des tempĂ©ratures s'accentue nettement. Aussi, depuis les annĂ©es 2000, les Ă©tĂ©s dĂ©passent presque tous largement la moyenne de rĂ©fĂ©rence.
đ Ăa nous Ă©nerve
Pendant que le monde brûle... des sites ouvrent des paris sur les canicules et incendies
DĂ©sormais, parier de lâargent sur lâĂ©tendue de la fonte de la banquise, les records de chaleur pendant lâĂ©tĂ© ou le nombre dâhectares brĂ»lĂ©s par un incendie est possible. Les catastrophes Ă©cologiques peuvent mĂȘme rapporter gros sur les plateformes de paris en ligne comme Polymarket et Kalshi. Vous avez dit immoral ? Alors que de violents feux de forĂȘt se multiplient aux Ătats-Unis, des Ă©lus dĂ©mocrates sâinquiĂštent de voir ces paris rĂ©apparaĂźtre.
DĂ©sormais, parier de lâargent sur lâĂ©tendue de la fonte de la banquise, les records de chaleur pendant lâĂ©tĂ© ou le nombre dâhectares brĂ»lĂ©s par un incendie est possible. Les catastrophes Ă©cologiques peuvent mĂȘme rapporter gros sur les plateformes de paris en ligne comme Polymarket et Kalshi. Vous avez dit immoral ? Alors que de violents feux de forĂȘt se multiplient aux Ătats-Unis, des Ă©lus dĂ©mocrates sâinquiĂštent de voir ces paris rĂ©apparaĂźtre.
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đ±NumĂ©rique
« Moins vous consommez, moins vous payez » : Telecoop, lâopĂ©rateur qui rĂ©compense la sobriĂ©tĂ© numĂ©rique
Ici, le forfait illimitĂ© nâest pas un argument commercial, câest mĂȘme tout lâinverse. Depuis 2020, lâopĂ©rateur mobile Telecoop propose des forfaits de 80 gigaoctets (Go) de donnĂ©es pour 20 euros par mois. Surtout, la coopĂ©rative rĂ©duit la facture si lâon consomme moins de donnĂ©es mobiles. Une maniĂšre dâinciter Ă la sobriĂ©tĂ© numĂ©rique, alors que lâutilisation de donnĂ©es a un coĂ»t environnemental, liĂ© notamment aux data centers.
Ici, le forfait illimitĂ© nâest pas un argument commercial, câest mĂȘme tout lâinverse. Depuis 2020, lâopĂ©rateur mobile Telecoop propose des forfaits de 80 gigaoctets (Go) de donnĂ©es pour 20 euros par mois. Surtout, la coopĂ©rative rĂ©duit la facture si lâon consomme moins de donnĂ©es mobiles. Une maniĂšre dâinciter Ă la sobriĂ©tĂ© numĂ©rique, alors que lâutilisation de donnĂ©es a un coĂ»t environnemental, liĂ© notamment aux data centers.
â ïž Pesticides
Dangerosité des pesticides : la science snobée au profit des industriels
ClassĂ© cancĂ©rigĂšne pour lâhumain en 2015 par une agence de lâONU, le glyphosate a pourtant Ă©tĂ© rĂ©autorisĂ© en Europe en 2023. Pourquoi un tel dĂ©calage ? Parce que les Ă©valuations sanitaires Ă©cartent une partie des recherches scientifiques indĂ©pendantes au profit des Ă©tudes fournies par les industriels. Ainsi, lorsque lâEfsa a rĂ©autorisĂ© le glyphosate, elle a estimĂ© que 92% des Ă©tudes de la recherche publique Ă©taient non fiables.
ClassĂ© cancĂ©rigĂšne pour lâhumain en 2015 par une agence de lâONU, le glyphosate a pourtant Ă©tĂ© rĂ©autorisĂ© en Europe en 2023. Pourquoi un tel dĂ©calage ? Parce que les Ă©valuations sanitaires Ă©cartent une partie des recherches scientifiques indĂ©pendantes au profit des Ă©tudes fournies par les industriels. Ainsi, lorsque lâEfsa a rĂ©autorisĂ© le glyphosate, elle a estimĂ© que 92% des Ă©tudes de la recherche publique Ă©taient non fiables.
đ Animaux
Pas de panique : la vipĂšre a plus Ă craindre de nous que lâinverse
Manon Aubry a Ă©tĂ© hospitalisĂ©e aprĂšs avoir Ă©tĂ© mordue par une vipĂšre. La dĂ©putĂ©e europĂ©enne (LFI) nâa pas eu de chance : ces morsures sont rares en France mĂ©tropolitaine, environ 300 par an. Câest plutĂŽt nous qui sommes un danger pour cette espĂšce protĂ©gĂ©e, entre lâurbanisation, la destruction des corridors Ă©cologiques et le dĂ©rĂšglement climatique qui les incite Ă sortir plus tĂŽt de leur hibernation et perturbe leur reproduction.
Impacts de balle sur une orque : « Quelquâun avait lâintention de la tuer »
Sa nageoire dorsale prĂ©sentait une dizaine de blessures compatibles avec des impacts de plombs. Pour les scientifiques, aucun doute : l'orque Toñi, repĂ©rĂ©e la semaine derniĂšre dans le dĂ©troit de Gibraltar, a Ă©tĂ© victime d'une agression intentionnelle. Une attaque qui pourrait ĂȘtre liĂ©e au comportement des cĂ©tacĂ©s qui s'approchent parfois des voiliers, allant jusqu'Ă les couler.
Manon Aubry a Ă©tĂ© hospitalisĂ©e aprĂšs avoir Ă©tĂ© mordue par une vipĂšre. La dĂ©putĂ©e europĂ©enne (LFI) nâa pas eu de chance : ces morsures sont rares en France mĂ©tropolitaine, environ 300 par an. Câest plutĂŽt nous qui sommes un danger pour cette espĂšce protĂ©gĂ©e, entre lâurbanisation, la destruction des corridors Ă©cologiques et le dĂ©rĂšglement climatique qui les incite Ă sortir plus tĂŽt de leur hibernation et perturbe leur reproduction.
Impacts de balle sur une orque : « Quelquâun avait lâintention de la tuer »
Sa nageoire dorsale prĂ©sentait une dizaine de blessures compatibles avec des impacts de plombs. Pour les scientifiques, aucun doute : l'orque Toñi, repĂ©rĂ©e la semaine derniĂšre dans le dĂ©troit de Gibraltar, a Ă©tĂ© victime d'une agression intentionnelle. Une attaque qui pourrait ĂȘtre liĂ©e au comportement des cĂ©tacĂ©s qui s'approchent parfois des voiliers, allant jusqu'Ă les couler.
đ Entre vous & nous
Appel Ă tĂ©moignages. AprĂšs cet Ă©tĂ© de canicules, sĂ©cheresses et incendies, et face Ă lâinaction climatique, vous ĂȘtes en colĂšre ? Et vous avez dĂ©cidĂ© de passer Ă lâaction, dâune maniĂšre ou dâune autre ? De rejoindre une association, un collectif ou une lutte, de lancer une action en justice, dâalerter votre entourage, etc. ? Ăcrivez Ă la journaliste LĂ©a Guedj, Ă lâadresse guedj@reporterre.net pour lui raconter ce basculement.
Merci beaucoup ! đ
Merci beaucoup ! đ
Par Jeanne Cassard, journaliste Ă Reporterre
Reporterre est un mĂ©dia indĂ©pendant dĂ©diĂ© Ă lâĂ©cologie sous toutes ses formes. Le journal est gĂ©rĂ© par une association dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă but non lucratif, et nâa donc pas dâactionnaire. Il emploie une Ă©quipe de journalistes professionnels, et de nombreux contributeurs. Le journal est en accĂšs libre, sans publicitĂ©, et financĂ© Ă 97% par les dons de ses lecteurs.
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